Un an et demi après le lancement du Grenelle de l’Environnement, quelles menacent pèsent encore sur la faune sauvage de Paris ?
” Paris est riche en biodiversité, c’est une bonne nouvelle! Mais comme partout, cette biodiversité est en déclin” alerte Jacques Moret, professeur au Museum national d’Histoire naturelle. Elles vivent parmi nous et sont les premières victimes de nos excès. Les espèces sauvages qui peuplent les jardins et les rues de la capitale subissent de plein fouet les abus de l’urbanisation irresponsable. Pollution de l’air et de l’eau, nuisances sonores et lumineuses sont autant d’obstacles à l’équilibre de la biodiversité en ville. Alors qu’on comptait plus de 3000 espèces animales différentes au milieu du XXe siècle dans Paris, on en dénombre aujourd’hui moins de la moitié. Un déclin favorisé par les destructions de milieux, l’imperméabilisation des sols, l’utilisation de désherbants et de produits phytosanitaires, qui isolent et fragilisent les familles animales de la capitale.

Une cane survole la Seine.
Les migrateurs aveuglés. La mise en oeuvre du Grenelle a été votée en octobre dernier à l’Assemblée, mais le projet de loi visant à réduire la pollution lumineuse dans les métropoles peine à se concrétiser. Des oiseaux migrateurs désorientés continuent d’échouer sur le pavé parisien, perturbés par les excès de la ville des lumières. La lenteur d’un système déjà dépassé décourage les initiatives censées stimuler le renouveau écologique en France.
De campagne de sensibilisation en ébauches de projets, la municipalité parisienne est loin derrière ses concurrentes européennes qui, à l’instar de Genève et de son plan de préservation des renards, ont déjà fait de la protection animale une de leur priorité. Mais que le maire de Paris ne se méprenne pas: même s’ils partagent les mêmes toits, il ne faudrait pas prendre les parisiens pour des pigeons.
Laïla Ben Daoud
